Une Maison Bioclimatique

L’approche bioclimatique d’une maison nous invite à utiliser au maximum les ressources naturelles de l’environnement pour diminuer la consommation d’énergie, minimiser l’impact sur l’environnement, et faire en sorte que les habitants se sentent bien.

En d’autres termes, obtenir un confort de vie holistique (température, humidité, luminosité…) de la manière la plus naturelle possible en utilisant avant tout des moyens architecturaux et les énergies renouvelables disponibles sur le site (soleil, vent, eau…).

Bon sens et observation de la nature

Le bioclimatisme c’est avant tout du bon sens et de l’observation…

Avant de se lancer dans la conception de notre maison, nous avons pris le temps de découvrir et d’observer le terrain : l’exposition, les vents dominants, la nature du sol, l’ombre portée des arbres déjà présents…

Puis en fonction de nos attentes et des « savoirs » connus sur le bioclimatisme, nous avons fait des choix pour le confort d’hiver, d’été et pour notre bien-être.

Si vous souhaitez aller plus loin sur le sujet, nous vous conseillons le livre suivant : « La Conception Bioclimatique » de  Samuel Courgey – Jean-Pierre Oliva.


Un indispensable selon nous !


Stratégie bioclimatique d’hiver



En hiver, une fois captée et transformée, l’énergie solaire doit être conservée à l’intérieur de la construction afin d’être valorisée au moment opportun.

1. Bénéficier des apports solaires

L’orientation de la maison Sud, 25° vers l’Est ainsi que de larges baies vitrées sur la façade Sud, nous permettront de profiter d’un maximum des apports solaires en hiver et en demi-saison, lorsque le soleil est bas dans le ciel.

2. Limiter les déperditions

Forme

Nous avons opté pour une maison compacte et rectangulaire de 12.1m par 8.6m, de plain pied avec toiture double pente (Nord/Sud). En effet, plus la surface en contact avec l’extérieur est limitée moins il y a de déperditions.

Isolation

De plus, nous avons opté pour des isolants compétents:
Paille dans les murs
Ouate de cellulose au plafond
Liège pour les soubassements et la lisse basse

Menuiseries

Pour les menuiseries, nous avons opté pour du triple vitrage (4/16/4/16/4) de chez Bildau, très performant.
Le coefficient d’isolation thermique moyen (norme EN ISO 10077-1) – Uw = 0.85W/m²K.

3. Stocker les apports solaires grâce à l’inertie thermique

Nous avons fait le choix pour les murs intérieurs, de favoriser la terre.
– Sous forme d’enduit, appliqué sur les murs Greb.
Mélangé à la paille, pour une grande partie des cloisons intérieures.
– Et avec des BTC (Brique de Terre Crue Compressée) pour les murs du salon (derrière le poêle notamment).

La terre est un matériau qui présente une excellente inertie thermique. En effet, sa densité élevée lui confère de précieuses qualités pour le stockage de la chaleur et sa lente restitution ainsi que pour le confort d’été.

Nous installerons également un poêle à bois avec accumulateur de chaleur au centre de la maison.

Enfin, notre maison repose sur un hérisson ventilé et une dalle chaux/liège. Le sol est donc légèrement isolé pour nous permettre de profiter de l’inertie de la terre.

4. Se protéger des vents dominants et de la pluie

Les vents dominants et la pluie viennent essentiellement de l’Ouest/Nord-Ouest.
Pour ces raisons, nous avons limité les ouvertures au Nord et à l’Ouest.
La porte d’entrée quant à elle sera protégée par une grande avancée de toit.
Nous avons également prévu de protéger le mur Ouest par une structure végétalisée au feuillage persistant. Elle permettra de protéger le bardage et donc la maison des vents et de la pluie.

Pour les vents venants du Sud-Est, nous avons prévu de planter petit à petit une haie brise vent au Sud.

5. L’organisation des pièces

Enfin, l’organisation des pièces de la maison a été pensé avec le même objectif.

La pièce de vie est orientée Sud-Est afin de profiter du soleil un maximum de temps lors des courtes journées d’hiver.
Certains semblent préférer une exposition Sud-Ouest, afin de bénéficier des derniers rayons de la journée. En ce qui nous concerne, la vue à l’Est est bien plus jolie et nous adorons les levers de soleil!

Les chambres des enfants sont orientées Sud et Ouest. La salle de bain est orientée Est.

Au nord, on retrouve, les toilettes (sans fenêtre), l’entrée qui sera protégée par un débord de toit et notre chambre (pas le choix).

Le local technique est également accolé à la maison côté nord.

Plan maison LaSonicFamily

Stratégie bioclimatique d’été




Se protéger du froid cela semble évident à tout le monde.
Cependant, compte tenu du réchauffement climatique et des étés de plus en plus caniculaires, nous n’avons pas négligé le confort d’été.

1. Se protéger des apports solaires

La toiture

Il est indispensable de bien isoler ses combles. En effet, l’été le soleil est très haut dans le ciel et irradie en priorité la toiture.

Nous soufflerons 40cm de ouate de cellulose (33cm après tassement) pour un de R de 8.
Pour rajouter à ce matériau isolant (lamba=0.042 W/m.K) à faible diffusivité (a=2.15×10-3 m²/h), nous envisageons de réaliser notre plafond en Fermacel® qui présente une inertie supérieure au placo® .

Isolation

Les isolants compétents sont aussi utiles pour empêcher le chaleur de pénétrer dans la maison:
Paille dans les murs
Ouate de cellulose au plafond
Liège pour les soubassements et la lisse basse

Les pares soleil

Pour limiter également la surchauffe l’été, nous avons prévu un débord de toit de 50 cm et une pergola végétalisée sur la terrasse côté Sud.

Nous planterons également deux gros arbres au feuillage caduc qui feront de l’ombre sur la terrasse (dans quelques années!).

Une structure végétalisée sera également créée à une quinzaine de centimètres du mur Ouest sur laquelle nous ferons grimper des plantes au feuillage persistant. Cette structure limitera la surchauffe de fin d’après-midi.

Menuiseries

Pour les menuiseries, nous avons opté pour du triple vitrage (4/16/4/16/4) de chez Bildau, très performant.
Le coefficient d’isolation thermique moyen (norme EN ISO 10077-1) – Uw = 0.85W/m²K.

2. Rafraîchir la nuit

La ventilation

En été, la fraîcheur nocturne captée par une bonne ventilation doit être stockée durablement afin de limiter les surchauffes durant la journée.

Toutes nos fenêtres seront oscillo-battantes pour pouvoir les laisser ouvertes la nuit même dans une maison de plain pied. De plus, en laissant ouvertes celles de l’Est et de l’Ouest, nous espérons pouvoir créer un renouvellement d’air suffisant.
Quand la construction le permet, il est également recommandé de prévoir une entrée d’air basse et une sortie en hauteur, l’air chaud montant.

De plus, il nous semble indispensable de bien ventiler la toiture. Nous avons prévu de laisser une lame d’air de 4cm entre les tuiles et le pare pluie.

Enfin, nous envisageons de laisser des trappes dans le bardage, en haut des pignons Est et Ouest pour avoir la possibilité, en cas de fortes chaleurs, de les laisser ouvertes la nuit et accentuer ainsi la ventilation des combles.

L’inertie

Ce rafraichissement nocturne sera capté par nos murs à inertie (mur en terre paille, en BTC et mortier Greb). Grâce à leur temps de déphasage, ils devraient nous permettre de restituer un peu de fraîcheur la journée.

Nous résumons souvent le bioclimatisme au confort thermique mais comme cité plus haut, il nous invite à utiliser au maximum les ressources naturelles de l’environnement, pour diminuer la consommation d’énergie, minimiser l’impact sur l’environnement, et faire en sorte que ses habitants se sentent bien.

En ce qui nous concerne, nous avons souhaité aller plus loin.

Les deux derniers points concernent notre volonté d’autonomie en eau et en électricité. Je vais cependant très peu les développer, j’y consacrerai en effet un ou plusieurs articles spécifiques par la suite.

Notre bien-être

1. L’isolation Phonique

A l’intérieur d’un logement, la pollution sonore peut être un fléau.

Le son résulte d’une vibration de l’air. Il se diffuse à travers l’air, mais aussi à travers les matériaux.
Pour résumer de manière très très simpliste, pour optimiser l’isolation phonique :
utiliser des matériaux denses/lourds
interposer un élément ressort/léger (air ou isolant souple) entre deux masses

Actuellement dans un mobilhome et auparavant dans une maison entièrement réalisée en placo® , nous nous savons sensible aux nuisances sonores.

Une grande partie des murs intérieurs seront réalisés en terre (terre paille, terre crue compressée…), un très bon isolant phonique.

Pour notre sol, nous avons envie d’un sol en liège, un autre matériau aux propriétés phoniques intéressantes.

2. Régulation de l’hygrométrie

Si le bruit est un fléau, qu’en est t’il de l’humidité?

Les murs en terre régulent remarquablement l’hygrométrie de l’air intérieur grâce à leur perméabilité à la vapeur d’eau.

3. Protéger notre santé

Quant aux polluants…

L’argile a aussi la particularité d’absorber et de dégrader les mauvaises odeurs, les vapeurs de graisse et même certains COV.

Nous prenons également soin de choisir des matériaux les plus naturels possibles ayant subi le moins de transformation. Même si ce n’est pas toujours simple et économique.

La gestion de l’eau

Notre terrain ne bénéficie pas de source ou de puit qui nous permettrait un captage d’eau aisée.

Cependant, l’eau qui tombe du ciel en abondance est largement suffisante pour notre besoin et serait moins polluée que l’eau des sous-sols.

Pour ceux que le sujet intéresse, je ne peux que vous recommander le site Eautarcie et les travaux du Pr Joseph Országh.

Nous avons passé des heures à étudier ce sujet qui nous passionne et nous sommes maintenant convaincu que d’un point de vue sanitaire, il est de notre devoir d’auto-gérer notre gestion de l’eau.

Chez nous il y aura : des cuves en béton pour récolter l’eau de pluie, un système de filtration spécifique à chaque utilisation, un chauffe-eau solaire pour alimenter notre ballon et bien sûr des toilettes sèches.

Lélectricité

Pour l’électricité en revanche, notre motivation première est le désir d’autonomie.

En effet, une installation autonome électrique avec batteries et panneaux solaires n’est pas très « écolo », nous en avons bien conscience.
Et je serais bien en mal de vous dire si le nucléaire est « moins pire » que des batteries.

Cependant, avant d’envisager l’autonomie, il faut commencer par modifier sa consommation.
Chez nous plus de four électrique, de chauffage électrique, de sèche-cheveux, de grille-pain, de frigo et de congélateur l’hiver. Et avant de brancher l’aspirateur, il faudra s’assurer que le soleil brille dehors.

C’est cette prise de conscience qui nous plait et qui nous a motivé à dire adieu à EDF.

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